Profitez-en, après celui là c’est fini

Les machines incertaines

juillet 2nd, 2009 Posted in Bande dessinée | 5 Comments »

Les machines incertainesEn feuilletant une réédition récente des aventures de l’hôtesse de l’air Natacha, je suis tombé avec surprise sur une page des Machines Incertaines qui mentionnait Babbage (1), Wiener (2) ou encore Von Neumann (3). Je dois avouer que j’ai été extrèmement surpris, car si j’ai lu et relu ce récit à l’époque où il a été publié, j’étais un peu passé à côté de son rapport à l’informatique.
Pourtant, au tout début des années 1980, alors même que l’ordinateur personnel était loin d’être répandu en France ou en Belgique, l’informatique était un sujet très présent dans le journal de Spirou. J’aurai l’occasion d’en reparler — je me replonge en ce moment avec délectation dans mes reliures d’époque.

Natacha

Quelques mots sur Natacha. Apparue dans Spirou au début de l’année 1970, cette héroïne de papier est une hôtesse de l’air sexy à qui il arrive diverses aventures, souvent en rapport avec son métier. Les lois françaises sur les publications destinées à la jeunesse forçaient les éditeurs belges comme Dupuis, Lombard ou Dargaud à faire extrèmement attention à ne pas franchir la ligne sur plusieurs sujets moraux (4). Bien qu’elle ne soit pas expressément mentionnée, la représentation trop détaillée de l’anatomie féminine était visée par la commission chargée de vérifier la conformité à la loi, et il n’a donc longtemps existé que deux types de personnages féminins dans Spirou et Tintin : les fillettes (Sophie) et les femmes mûres (la Castafiore). Certains dessinateurs se sont progressivement lâchés sur le sujet avec leurs personnages secondaires : Uderzo, Morris, Will et bien d’autres.
Quand Natacha est née, en 1970, il s’était passé beaucoup de choses : Barbarella (1964) , Jodelle (1966), Pravda la survireuse et Epoxy (1968) avaient fait sortir la bande dessinée érotique du cercle underground des amateurs spécialisés, et le cinéma connaissait le même genre d’évolution avec des évocations assez directes de la nudité ou même de la sexualité dans le cinéma sérieux de Jean-Luc Godard, Michelangelo Antonioni, Pier Paolo Pasolini, Luis Buñuel, Arthur Penn, Mike Nichols, etc.
Puisqu’une certaine libéralisation était dans l’air à l’époque (5), Natacha n’a pas été tracassée par la commission chargée de vérifier l’application de la loi, à la surprise de son auteur. Elle a été, avec sa contemporaine Colombe Tiredaile dans la série Olivier Rameau (Dany/Greg), une des toutes premières héroïnes de bandes dessinées pour enfants à avoir des formes féminines aptes à titiller (gentillement) la libido de ses lecteurs.

Natacha, objet de désir, moquée par Yann et Conrad (Spirou numéro 2200, 12 juin 1980)

Il faut dire que Natacha est une fille sérieuse, puisque (jusqu’au début des années 1980 en tout cas, je n’ai pas lu les albums ultérieurs), elle est célibataire et résolument chaste, éconduisant ses prétendants et ne laissant pas une once d’espoir à son éternel co-équipier le stewart Walter qui, du reste, semble satisfait de sa situation de soupirant non déclaré au point de continuer à voussoyer respectueusement sa collègue jusque sur une île déserte où ils se trouvent tous deux naufragés et à demi-nus.
L’auteur principal de Natacha est François Walthéry (précédemment assistant de Peyo sur la série Benoit Brisefer), qui s’est volontiers entouré de nombreux co-scénaristes ou co-dessinateurs. Au fil de sa carrière, Walthéry a précisé ses intentions en publiant des albums érotiques (sans rapport avec Natacha) ou en diffusant des illustrations mettant en scène son hôtesse de l’air (ou des sosies) dans des situations qui n’auraient pas pu êtres montrées dans le journal de Spirou.

Natacha - instantanés pour CaltechInstantanés pour Caltech

En album, le récit est découpé en deux parties : Instantanés pour Caltech et Les Machines incertaines, mais dans le journal de Spirou, l’ensemble a été pré-publié sous le titre unique Les machines incertaines. Walthéry travaille ici avec deux collègues : Jidéhem — collaborateur de Franquin et grand spécialiste du dessin de véhicules notamment avec la rubrique Starter — et Étienne Borgers, qui n’a participé qu’à deux récits en bande dessinée, à savoir celui-ci et La mémoire de métal, une aventure précédente de Natacha. Ingénieur de profession et camarade de chambrée de Walthéry lorsqu’il effectuait son service militaire, Borgers a eu une activité très soutenue d’amateur, au sens le plus noble, publiant ici et là (et notamment sur Internet, dès le milieu des années 1990) des récits, des interviews, des critiques et des articles, dans les domaines de la science-fiction et du roman noir notamment.
Il n’est pas difficile de deviner la passion de Borgers pour la science fiction en lisant Les machines incertaines.  D’un point de vue thématique, il emprunte partout : Rencontres du 3e type (1978), La planète des singes (1963 pour le roman, 1968 pour le film) et les lois de la robotique d’Isaac Asimov (1942) pour ne citer que les références les plus transparentes.

Au début du récit, Natacha et Walter se rendent aux États-Unis. Comme il doit y rester un mois, Walter décide d’effectuer un reportage sur le pays. Dans l’avion, il est témoin de l’apparition dans le ciel d’un mystérieux point lumineux. Par hasard, il le photographie avec un film infrarouge. Très excité, il convainc Natacha de le suivre en Californie où il veut montrer ses photographies au professeur Warring, de l’institut de technologie de Californie (Caltech).

En 1980, il était possible qu'un personnage positif d'un récit destiné à la jeunesse (ici, le professeur Warring) soit fumeur ! On remarquera aussi que l'héroïne du récit ne dit pas 'j'ai mal à la tête' lorsqu'on lui donne des explications scientifiques mais 'c'est passionnant'. À comparer à des fictions plus récentes où les héros interrompent généralement les explications scientifiques et réclament moins de pédagogie et plus de certitudes.

Les photos sont effectivement des documents capitaux, car le fait qu’elles aient été prises avec une pellicule infrarouge fournit des informations que n’avaient pas les chercheurs de Caltech, pourtant déjà très documentés au sujet de cette vague d’apparitions d’objets volants non-identifiés. Mais voilà, le FBI (dont un des officiers emprunte ses traits à Sergio Aragones, un dessinateur célèbre de Mad Magazine) s’en mêle et tente de gêner Warring dans ses travaux (6). Grâce aux photos aux infrarouges, Warring conçoit un moyen pour contacter les auteurs d’évènements lumineux inexpliqués : il répond à leurs signaux par des signaux de même longueur d’onde. Cela fonctionne et une sorte de rendez-vous est donné à Warring dans un lieu isolé aux environs d’Altadena. Walter et Natacha suivent le savant sur les lieux. Arrivés là, ils constatent la présence d’un vaisseau spatial, une soucoupe volante.

natacha_caltech_soucoupe

Walter s’approche de manière un peu imprudente pour prendre des photos mais il est repéré et soumis au contrôle mental d’un passager du vaisseau, qui le force à le suivre à l’intérieur. Natacha et Warring sortent de leur cachette et proposent de suivre Walter. Les agents du FBI, qui se trouvaient dans les parages, tentent d’intervenir mais sont victimes de paralysie. La soucoupe s’envole pour une destination inconnue…
À bord, Walter retrouve le contrôle de lui-même. Lui et Natacha sont séparés de Warring qui, d’après le commandant de bord, est en train de se familiariser avec la technologie de ceux qui nous semblent être des extra-terrestres. Mais Walter trouve tout ça suspect et se rebelle lorsqu’on lui parle de pratiquer des tests et des expériences sans danger sur lui. Il parvient à s’échapper avec l’aide de Natacha (qui reste cependant captive) et arrive dans une pièce étrange où sont entassés divers objets terrestres. À côté, il voit Warring, ligoté sur une table, et dont on est apparemment en train de vider l’esprit. Brrr… Cette scène rappelle furieusement le film Flash Gordon (Mike Hodges), sorti six mois plus tard, où le professeur Zarkov se fait lui aussi vider l’esprit de tout son savoir.

natacha_caltech_vaisseau

Ayant trouvé un fusil mitrailleur, Walter tire par réflexe sur un extra-terrestre. Il fait alors une découverte capitale : ces extra-terrestres au regard creux sont en réalité des robots androïdes. On peut les tuer sans contrevenir à la loi sur les publications destinées à la jeunesse. De son côté, Natacha se fait imposer de retourner sur terre accompagnée de Warring, qui a subi un lavage de cerveau, et de Klay, un des robots, dans le but de supprimer toutes les preuves de leur existence qui sont conservées à Caltech.
C’est là que s’achève le premier album.

Les machines incertaines

Tandis que Natacha retourne sur terre pour accompagner, contre son gré, la mission du robot Klay qui doit détruire les preuves de l’existence des objets volants non identifiés, Walter débarque incognito sur la planète des robots. Il rencontre des humains à l’accent difficilement compréhensible et finit par apprendre qu’il se trouve toujours sur terre, mais en l’an 2484. Au XXVe siècle, les robots ont trouvé le moyen de protéger les humains d’eux-mêmes : ils les ont asservis et privés de volonté propre à l’aide d’un implant électronique. Devenus des légumes, les humains permettent donc aux robots de respecter les trois lois d’Asimov qui sont d’ailleurs rappelées en page de garde : Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain être exposé au danger ; Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains sauf si ces ordres sont en contradiction avec la première loi ; Un robot doit protéger son existence dans la mesure ou cette protection n’est pas en contradiction avec la première ou la deuxième loi.

Afin de protéger l'espèce humaine contre elle-même, les robots décident d'éradiquer toute volonté individuelle

L’idée que la conclusion logique des lois d’Asimov impose une suppression de la liberté des humains n’est pas une invention d’Étienne Borgers bien entendu, mais il est un des premiers auteurs à avoir utilisé ces concepts dans la bande dessinée franco-belge destinée à un jeune public.
Les humains rencontrées par Walter sont en fait des rebelles accidentellement devenus conscients de leur situation et bien décidés à libérer leurs semblables du joug amical des robots. Ils ne connaissent pas bien leur histoire et n’ont aucune idée de ce à quoi servent les objets que les robots sont allés chercher au XXe siècle et parmi lesquels se trouvent des armes à feu. Walter décide de prendre la tête d’une insurection des humains du futur contre leurs bienveillants despotes les robots. Ils parviennent ainsi à assister à une curieuse cérémonie religieuse des robots, le «Computer Day».

machines_incertaines_ceremonie

On remarque sur l’écran géant du «mausolée» où se déroule la cérémonie l’utilisation d’une typographie de type MICR. Les noms célébrés aux cris de «Honneur et gloire éternelle» sont très intéressants. Outre Babbage, Von Neumann et Wiener, déjà cités, on note Claude Shannon (1916-2001, créateur de la théorie de l’information), Isaac Asimov (1920-1992, auteur de science fiction bien connu et inventeur du mot «robotique»), Korzybsky (Alfred Korzybski, 1879-1950, créateur de la théorie de la sémantique générale, popularisée par A.E. Van Vogt dans Le Monde des non-A) et Leibowitz (référence, je suppose, au classique de la science-fiction Un Cantique pour Leibowitz, publié en 1960 par Walter Miller). Enfin, sont cités deux références plus brumeuses pour moi : Uniac (référence à l’Univac, le premierordinateur commercial ?) et Shaky (7).
Dans le bâtiment, Walter découvre par ailleurs la raison des voyages dans le temps qu’effectuent les androïdes : ils se constituent un musée de la technologie.

machines_incertaines_musee

Des milliers d’appareils automatiques divers sont entassés : boites à musique, calculatrices, robots ménagers, métiers à tisser, etc. Dans un coin, on remarque même le célèbre joueur de flûte traversière de Jacques de Vaucanson. L’architecture interne comme externe du musée, en spirale, rappelle furieusement celle du Guggenheim de New York.

De son côté, sur la terre du XXe siècle, Natacha tente d’empêcher le professeur Warring d’être interné et essaie de contrecarer les plans du robot Klay. Walter fait un saut dans le temps, rejoint son amie à Caltech et lui explique toute l’affaire. Tous deux, accompagné d’un assistant de Warring, d’un homme du futur et d’un camionneur-séducteur se rendent à la clinique psychiatrique où est interné Warring, pour le libérer. À la fin du récit, Natacha et Walter quittent les États-Unis pour retrouver leur vie de tous les jours tandis que Warring embarque pour le futur : les tracasseries du F.B.I. lui pèsent et il pense qu’il sera plus utile en aidant les hommes du XXVe siècle.

machines_incertaines_epilogue

L’air de rien, ce modeste récit aborde de nombreux thèmes classiques de la science-fiction, genre très présent dans Spirou à l’époque (avec des auteurs tels que Devos, Lamquet, Leloup,…). Quand aux allusions à l’histoire de l’informatique, sujet sur lequel il n’existait pas beaucoup d’ouvrages de référence d’ailleurs, il faut savoir qu’elles étaient extrêmement atypiques en 1980, au point que le lecteur de l’époque n’y a sans doute pas prêté attention.



  1. Charles Babbage (1791-1871), inventeur de l’ordinateur.
  2. Norbert Wiener (1894-1964), mathématicien est le fondateur de la cybernétique.
  3. John Von Neumann (1903-1957), mathématicien, est le théoricien de l’architecture des ordinateurs tels qu’on les conçoit aujourd’hui encore. Pendant la seconde guerre mondiale, il a participé à la création de l’Edvac et à celle de la première bombe atomique.
  4. [les publications destinées à le jeunesse] ne doivent comporter aucune illustration, aucun récit, aucune chronique, aucune rubrique, aucune insertion présentant sous un jour favorable le banditisme, le mensonge, le vol, la paresse, la lâcheté, la haine, la débauche ou tous actes qualifiés crimes ou délits ou de nature à démoraliser l’enfance ou la jeunesse, ou à inspirer ou entretenir des préjugés ethniques. Elles ne doivent comporter aucune publicité ou annonce pour des publications de nature à démoraliser l’enfance ou la jeunesse. Loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, version consolidée au 5 janvier 1988. Cette loi motivée en son temps par un souci de protectionnisme économique et culturel a toujours cours et a posé problème à des séries aujourd’hui classiques telles que Gil Jourdan, par Maurice Tillieux, mais aussi au comic-book américain.
  5. En 1970, évoquer la sexualité reste puni par la loi. On peut lire à ce sujet le très éditiant récit de l’affaire Olesniak par le sociologue Baptiste Coulmont : un couple de concierges soumis à une longue enquête policière pour avoir diffusé des films érotiques dans leur loge.
  6. Je remarque que ce FBI suspect de vouloir cacher des preuves dans une histoire d’apparitions extra-terrestres intervient une douzaine d’années avant que les séries Twin Peaks ou X-Files n’achèvent d’établir comme poncif l’évidence d’un rapport entre le bureau fédéral d’investigation et les objets volants non identifiés.
  7. Je ne voyais pas, mais en commentaire, on me propose le robot Shakey (1966), célébrité du domaine de l’intelligence artificielle.

Carrières

juillet 1st, 2009 Posted in Les pros, Non classé, vintage | No Comments »

Trouvé dans le Journal de Spirou numéro 2203 (3 juillet 1980), page 9.
L’annonce est accompagnée d’un bulletin à découper qui propose l’envoi gratuit d’une documentation sur les métiers choisis. Il est précisé que l’on peut commencer ses études à tout moment de l’année.
La société, Unieco/Educatel, de Rouen, existe toujours.

exercersunmetierlibreetcreatif

J’ai toujours été fasciné par ce genre d’annonces qui invitent qui veut à rêver de son avenir en cochant des cases. Les métiers proposés ici sont des métiers créatifs. Un métier varié, intéressant, qui vous permette de vous exprimer librement. Dans d’autres journaux, la même société propose (ou proposait) aussi des formations de secrétariat, de comptabilité, des carrières administratives, etc.).
Je me rappelle avoir déjà coché les petites cases d’annonces de ce genre : dessinateur de bandes dessinées, journaliste, reporter, scénariste, photographe,… Je n’avais parfois aucune idée de ce dont il s’agissait réellement, mais cela semblait plus intéressant que de se lever tôt le matin pour aller porter un costume dans un bureau.  Je n’ai jamais envoyé le bulletin de demande d’informations, d’autant que j’avais douze ou treize ans, comme la plupart des lecteurs de Spirou du reste. Mais en cochant ces cases, sans le savoir, je faisais un choix de vie, je me faisais savoir à moi-même que je ne voulais pas travailler uniquement pour remplir mon frigo (préocupation lointaine pour un collégien), mais que je voulais faire des choses intéressantes.

Guêpe téléguidée (1980)

juillet 1st, 2009 Posted in Bande dessinée, vintage | 5 Comments »

En écho au précédent article L’Espion qui bourdonnait, qui évoque des recherches sur le pilotage par radiocommande d’insectes, je viens de re-tomber sur cette case extraite du du journal de Spirou (1980) :

les_petits_hommes

Les Petits Hommes est une série de science-fiction dessinée et généralement scénarisée par Pierre Seron, publiée depuis 35 ans par les éditions Dupuis. Elle raconte les aventures des habitants d’un village réduits au format d’insectes par une mystérieuse météorite.
Dans cette histoire, le Duc de la Fourrière, savant fou mégalomane et ennemi juré des vilageois d’Eslapion contre qui il utilise de nombreuses technologies (vidéo-surveillance, par exemple), recourt cette fois à des guêpes téléguidées.

Le pavillon Internet à la 53e biennale de Venise

juillet 1st, 2009 Posted in Interactivité, cimaises | No Comments »

Je ne suis pas au courant de tout, loin de là, mais tout de même étonné d’être passé à côté de cet évènement de la 53e biennale de Venise (où je n’irais sans doute pas cette année), l’innauguration du premier Pavillon Internet. Pour la première fois en effet, Internet est représenté par un pavillon, au même niveau qu’une soixantaine de nations. Les organisateurs de la biennale n’ont cependant pas eu vraiment envie de médiatiser cette nouveauté puisqu’elle n’apparaît pas sur le site officiel.
Le pavillon est évidemment situé dans le monde virtuel (www.padiglioneinternet.com et sites liés) mais aussi dans le monde actuel, au Sign and Lyrics Emporium (S.a.L.E.), à côté du bâtiment qui abrite la collection Peggy Guggenheim.

padiglione_internet

Le concept est de Miltos Manetas et le commissariat de l’exposition est assuré par Jan Aman.
Les personnes impliquées (performances, webdesign, musique, etc.) sont : Petra Cortright, Martijn Hendriks, Aleksandra Domanovic, Harm van den Dorpel, Sinem Erkas, Elna Frederick, Parker Ito, Scott Kildall, Oliver Laric, Guthrie Lonergan, Miltos Manetas, Rafael Rozendaal, Pascual Sisto, Nathaniel Stern, Aids-3D+ Helga Wretman,Tobias Bernstrup, Mai Ueda, Howie B., Mark Tranmer, Digital Club, Sonja Kroop, M/M, Christian Wassmann, Marina Fokidis, Colin Payne, The Media Machine, Mikael Altemark, Johan Allgoth, Jon Cullblad, Kristin Eketoft, Magnus Eriksson, Thomas Frössman, Christopher Kullenberg, Susanne Lindblad, Rasmus Fleischer, Lina Persdotter, Sara Sajjad, Peter Sunde, Palle Torsson, Sara Wolfert, Yvonne Force, Casey Fremont, Doreen Remen, Pelle Strandberg, Chloé Nelkin, Chiara Lunardelli, Mara Sartore et, semble-t-il, The Pirate Bay.

On notera pour l’anecdote que la cité-état du Vatican a elle aussi demandé à disposer cette année de son propre pavillon pour la biennale, sans succès.

(signalé par Julien)

Publicité Atari 1991

juin 27th, 2009 Posted in Ordinateur célèbre, vintage | No Comments »

Une publicité pour l’Atari 520 ST, en novembre 1991, que l’on peut consulter sur le site de l’INA.
Lors d’un dîner, deux couples discutent de leur progéniture. Les plans montrant les adultes ont des couleurs chaleureuses. En alternance, on voit les enfants, qui se trouvent à l’étage, dans le noir, éclairés par la lumière froide de l’écran d’ordinateur : «Ils sont où les enfants ?» — «Ils sont là-haut» — «C’est l’âge bête», déplore le père du garçon. Chaque affirmation est démentie par l’image. Lorsqu’un des parents observe «Ils n’ont goût à rien», on voit le garçon jouer avec un enthousiasme non dissimulé à un jeu de courses automobiles. Une des mères, parlant de sa fille, explique :  «La musique et elle, ben ça fait deux». On voit alors la jeune fille devant un logiciel de séquence musicale. Le père du garçon explique de son côté :  «Et lui il ne sait même pas tenir un crayon» (nouveau démenti : avec la souris de son Arari ST, le jeune homme dessine un dauphin). Pour finir, la mère du garçon, en dépressive un peu guindée, avale des cachets en demandant : «Vous ne connaîtriez pas un bon psychologue ?».
Le spot se termine sur la réponse : «Dites-leur Atari».
Aujourd’hui, le concept d’ordinateur personnel n’a plus besoin d’être vendu de manière aussi didactique, tout le monde sait à quoi il lui sert et personne ne se pose vraiment la question «est-ce que j’en ai besoin ?».
Ici il fallait montrer les utilisations une par une. L’insistance sur la créativité (fabriquer plutôt que simplement consommer) me semble très intéressante.

atari520st

Sorti en 1985, l’Atari 520ST a marqué son époque jusqu’à la fin de sa commercialisation en 1993.
Ordinateur familial, il embarquait un très puissant processeur Motorola 68000, le même que celui qui équipait les Macintosh d’Apple. En revanche la version de base n’avait ni moniteur (on le branchait sur son téléviseur) ni disque dur (on passait son temps à charger et décharger les programmes, sur disquettes 3 pouces 1/4).
À un niveau professionnel, l’Atari était très populaire dans le domaine de la musique, tandis que son concurrent direct l’Amiga 500 était plus utilisé pour la création visuelle.
L’Artari ST de base coûtait 2500 francs. L’Amiga 500 valait 4500 francs. Enfin, les macintosh LC de la même époque valaient 15000 francs.
La publicité montre l’ordinateur personnel comme moyen, pour les enfants, d’échapper au contrôle des parents (le jeu, les activités artistiques, oui, mais pour soi, sans demander la permission, hors du cadre traditionnel) et pour les parents, d’avoir l’assurance que l’enfant se tient calme dans sa chambre : c’est l’âge bête nous dit-on, mais ce garçon et cette fille sont très sages.
À comparer aux publicités produites par le ministère de la famille dont le message est inverse : on ne peut pas faire confiance à un enfant devant son ordinateur — car entre temps l’ordinateur est devenu synonyme de point d’accès à Internet, présenté comme une véritable brèche de sécurité dans le foyer.

Tragédie pop

juin 26th, 2009 Posted in Chansons, Pas gai | 9 Comments »

thrillerOn dit que Michel Drucker avait refusé de le passer dans son émission à l’époque de Off The Wall, non pas parce qu’il n’aimait pas sa musique mais parce qu’il avait peur que le public fuie en voyant un noir à la télé. C’était il y a un peu moins de trente ans, et si ça peut faire sourire aujourd’hui, il faut se rappeler qu’à l’époque, les chansons Motown ou Atlantic arrivaient au grand public français avec les voix de Dalida, Claude François et Sacha Distel. Les mêmes, augmentés de Régine et Sheila ont ensuite représenté la musique disco…
Pour la télévision française, en 1980, passer un chanteur noir américain à une heure de grande écoute était aussi inenvisageable que, aujourd’hui, diffuser une diva indienne comme Asha Boshle ou une icone de la musique pop vietnamienne. Je crois que Bob Marley est mort quasiment inconnu de la télévision française par exemple, alors qu’il avait pourtant un public très étendu ici, comme l’a prouvé son grand concert au Bourget. Il faut dire qu’avant la libéralisation des radios et la création du célèbre Top 50, un abysse séparait ce que les médias diffusaient (la variété française, pour dire les choses vite) de ce que les gens écoutaient véritablement chez eux.
La gloire Michael Jackson est vraiment arrivée en France avec l’album Thriller. La photo de couverture était un peu ridicule, mais la musique, ma foi, c’était quelque chose et tout le monde a passé l’été 1983 à n’écouter que ça. L’énergie du gamin, la qualité jamais vue de ses clips (les plus chers jamais produits, les premiers qui aient été annoncés au vingt heures aussi), la production impeccable par le grand jazzman Quincy Jones… Presque chaque titre est devenu aujourd’hui un standard, non ?
Petit à petit, le «king of pop» a commencé à faire rire avec son refus de grandir, ses costume de roi d’on ne sait quelle principauté ridicule, son gant à paillettes et sa voix douce. Des plus «méchants» que lui se faisaient connaître, l’immense Prince ou encore les rappeurs Run DMC (qu’on voyait détruire une effigie de Michael dans leur premier clip). Son chant du cygne artistique a été la chanson We Are The World, écrite avec Lionel Richie et Quincy Jones. Les ventes de ses albums n’ont fait que décroitre, jusqu’à sortir dans l’indifférence médiatique.

michaeljacksonhistory

Les rumeurs de chirurgie esthétique, d’excentricités diverses et plus tard, de perversion, ont eu raison de son image mais aussi sans doute de son propre rapport à la réalité.
Il faut dire que Michael Jackson a eu une enfance assez hors-norme. Il était le plus jeune et le plus talentueux de sa fratrie, sa carrière a commencé alors qu’il n’avait pas dix ans et on peut dire qu’il n’a jamais vraiment eu une vie normale. À l’âge où les enfants regardent des dessins animés, il était lui-même le héros d’une série de dessins animés. Joe Jackson, père violent et manager sadique, l’appelait «big nose». On dit qu’il voulait ressembler à Diana Ross (sa marraine dans le métier) et à Elizabeth Taylor (qui est restée une de ses fidèles amies). À cinquante ans, il ne ressemblait plus à rien du tout mais il est certain que depuis longtemps, personne ne pouvait plus l’appeler «big nose».
Comme dans toute bonne tragédie, il meurt au moment où on annonçait son grand retour, sur scène.
Je n’ai découvert la carrière de Michael Jackson enfant que bien après avoir assisté à son déclin d’adulte.  C’est pourtant cette image solaire et joyeuse que j’ai envie de garder pour moi aujourd’hui : I want to be where you are (Dailymotion). À réécouter, aussi : Lookin’ through the window I Want you back Never can say goodbye I Want to be where you are.

Lire ailleurs : Quelle affinité avec Michael Jackson ? — joli texte de Christian Fauré qui dénonce les coupables : nous ; François Bon : Mourir de légende à 51 ans.

La patrie des droits de l’homme au quotidien

juin 25th, 2009 Posted in Brève, Pas gai | 11 Comments »

juan_pablo_gutierrezJuan Pablo Gutierrez est étudiant à l’université Paris 8. Lundi 15 juin, vers une heure du matin, il est agressé par un groupe de personnes qui lui réclamaient une cigarette. Il parvient à se réfugier dans le hall de son immeuble et téléphone à la police qui arrive assez vite pour interpeller un de ses agresseurs.
Une fois au commissariat, où il vient porter plainte, les choses se déroulent de manière anormale : il est traité sans aucun ménagement, puis avec brutalité croissante, jusqu’à se faire insulter puis frapper par les policiers, déshabiller, et enfin mettre en cellule pour la nuit. Il est finalement relaché au matin avec cinq minutes d’avance sur son agresseur de la veille et une perte définitive de 40% des capacités auditives d’une de ses oreilles.
Ce jeune homme colombien de 27 ans est un photographe de reportage très doué comme le prouve son site web et comme en atteste le fait qu’il ait été le récipendiaire du prix du public au concours Paris Match du photoreportage étudiant en 2008, pour une série de photos consacrée à témoigner de l’existence des enfants qui vivent dans des bidonvilles aux alentours de Paris.
Une enquête de l’inspection générale des services est en cours. On peut lire sur le sujet : Metro L’Humanité (1) L’Humanité (2) Libération RFI Le communique du Mrap La radio nationale colombienne RCN Television El Tiempo El Espectdor WRadio LAFM TeleSur

Cette histoire m’a rappelé celle d’une écossaise logée par mes parents il y a quelques années alors qu’elle était venue en France comme assistante d’anglais au lycée. Tard dans la nuit en rentrant d’une fête, elle s’est fait agresser et voler son sac. Elle s’est alors rendue au commissariat qui se trouve dans la gare Saint-Lazare, sur son chemin, pour porter plainte. Sans raison, les policiers l’ont fait déshabiller et mettre dans une cellule de dégrisement dont elle n’est sortie qu’au matin, sans le moindre justificatif. Complètement traumatisée par son expérience, elle est repartie pour l’Écosse le lendemain.

Une autre affaire ? Il y a deux semaines à Argenteuil, un retraité algérien de 69 ans, Ali Ziri, se retrouve menotté pour avoir protesté lors d’un contrôle de police. Il n’avait jamais eu affaire à la police et il était passager du véhicule d’un autre algérien, âgé de 61 ans. Emmené sans raison dans le fourgon, molesté, il est tombé dans le coma et il est mort. Les commissariats d’Argenteuil et de Bezons (la ville voisine) ont refusé de prendre la plainte du conducteur du véhicule.

Pas besoin d’être étranger pour redouter l’arbitraire de la police française, j’ai encore l’histoire toute récente d’un ami de mon frère placé lui aussi en garde à vue pour avoir osé répondre (prudemment et poliment selon les témoins) à des fonctionnaires de police dans une affaire de stationnement.
Il me semble normal de redouter d’avoir affaire à la police, mais est-il normal d’en avoir peur, y compris lorsque l’on n’a strictement rien à se reprocher ?

Robo C.H.I.C.

juin 24th, 2009 Posted in Robot au cinéma | 9 Comments »

robo_chic_dvdEn découvrant la jaquette du DVD Robo C.H.I.C. dans une solderie spécialisée dans les faillites et les saisies de douane au milieu de films inconnus au titres improbables et destinés à en rappeler d’autres (Squale, GallacticopsSpace Mutiny, Combat mortel, Invasion Ninja 3), j’ai eu du mal à contenir un certain sentiment de jubilation : une bimbo toute en épaulettes de la fin des années 1980, avec mini-jupe en cuir, perruque lionne-caniche platine, qui est, je cite, «moitié flic, moitié machine, 100% femme». Un mélange entre Married to the mob et Robocop, donc. Et pour 0,49 centimes d’euro s’il vous plait.
Irrésistible.
Renseignements pris, l’éditeur de ces DVDs, Prism Vision, est spécialisé dans les productions crapuleuses. Les jaquettes sont généralement mensongères (titres inventés, visuels qui ne correspondent pas, acteurs qui n’y sont pas, résumés sans rapport avec le contenu, mentions techniques bâclées) et la qualité d’image terrible, car la copie qui a servi à faire le DVD est souvent une cassette VHS. Évidemment, on ne peut pas visionner ces films dans leur version originale mais uniquement avec leur mauvais doublage français.
Le film Robo C.H.I.C., sorti en 1989, peut aussi se trouver sous le titre Cyber-C.H.I.C.

Dès les premiers dialogues, on sent une envie de s’amuser et d’amuser le spectateur chez les scénaristes-réalisateurs (Ed Hansen et Jeffrey Mandel). Je dis bien «on sent», car le résultat est rarement à la hauteur de l’intention. Les gags s’enchaînent mais ne sont pas toujours très bons et, même s’ils l’étaient, la réalisation, toute en raccords douteux et en mouvements lourdauds, ne les sert pas réellement. Et ne parlons pas des piques un brin réactionnaires : la présentatrice du journal télévisé est forcément une cruche qui essaie de convaincre ses collègues masculins qu’il faut parler de la mode de l’été avant de parler de politique et qui se plaint de devoir traiter des sujets aux noms imprononçables. De temps en temps on sourit tout de même, devant des blagues pourtant éculées — peut-être parce qu’elles sont éculées —, comme celle du poursuivant qui ordonne à un chauffeur de taxi «suivez cette voiture» et qui est exaucé sans avoir eu le temps d’embarquer : le taxi part donc sans lui.
Parmi les gags récurrents, on remarque la présence de guides pratiques pour tout et n’importe quoi (rencontrer de jolies filles, fabriquer une bombe atomique, etc.) et le fait que certains protagonistes du récits s’adressent subitement au spectateur.

robo_chic_1

Robo C.H.I.C. est une gynoïde créée par le docteur Von Colon, un savant génial qui rêve d’utiliser son invention pour combattre toutes les injustices du monde. Dotée de l’apparence d’une femme que l’on nous dit parfaite (au point que sa vue trouble jusqu’à  son créateur), elle possède une force herculéenne et quelques pouvoirs extraordinaires comme une ouïe sans égal et la capacité d’émettre des rayons lasers ou des ondes «ioniques» (les deux effets spéciaux du film, aussi cheap l’un que l’autre). Elle manque un peu d’expérience de la vie et a l’habitude constante d’imiter la gestuelle et les expressions de ses interlocuteurs. L’idée du mimétisme, piquée à D.A.R.Y.L., est bonne mais assez mal exploitée.
Le docteur Von Colon a fabriqué au moins deux autres robots : une chaise sur roulettes qui n’en fait qu’à sa tête et qu’il doit réprimander, et une voiture noire autonome, inspirée du véhicule K.I.T.T. dans K2000.
De son côté, Harry Truman Hodgekins, un exterminateur de cafards complexé, met au point les derniers détails d’un plan infaillible : il installe une vingtaine de bombes atomiques dans le pays et avertit le monde qu’il ne les désamorcera, une à une, que si l’on accepte de satisfaire ses trois demandes. Tout d’abord, il réclame un milliard de dollars, laissant entendre assez évasivement qu’il les redistribuera à des oeuvres s’il s’aperçoit que cela fait plus d’argent qu’il n’en a besoin. Ensuite,  il exige qu’on le laisse en paix. Et pour finir, il veut rencontrer des femmes attirantes.
La première bombe explose dans une souffrière naturelle, empuantissant l’atmosphère. Mis en prison par un chef de la police particulièrement incompétent, Hodgekins est incapable de désamorcer sa seconde bombe, qui explose.

robo_chic_2

Mademoiselle Robo C.H.I.C. (l’acronyme n’est jamais expliqué) sort du laboratoire du professeur Von Colon pour aller sauver le pays du chaos. On la voit notamment corriger les hommes de main de Thalian, un parrain multicartes (cambriolage, proxénétisme, drogue).
À ce stade, le spectateur croit avoir la berlue : l’actrice a changé ! À Kathy Shower («la playmate de Playboy», selon la jaquette) se substitue une dénommée Jennifer Daley (1). Kathy Shower est officiellement la productrice exécutive du film, mais selon Internet Movie Database, elle a quitté le plateau dès les premiers jours du tournage. Présente au générique d’épisodes épars de séries telles que Chips, Supercopter ou K2000, il semble que les deux sommets de la sa carrière soient son titre de Playmate de l’année en 1986 et sa présence au générique de American Kickboxer 2 (1993), suite de Kickboxer (1989) mais où Jean-Claude Van Damme n’apparaît plus que sous forme de flash-backs. Quand une actrice de dernière zone abandonne le film dont elle est productrice exécutive et actrice principale, ce n’est pas très bon signe (2).

robo_chic_3

Assez rapidement, Robo C.H.I.C. rencontre le journaliste John Kent. Kent est d’abord vexé en comprenant que Robo C.H.I.C. n’est pas de nature humaine (elle portait pourtant un badge qui l’indiquait clairement) mais finit par accepter la situation. Tous deux tentent de mettre la main sur Hodgekins, qui a été enlevé par des bikers, et sur son attaché-case, qui est en possession de la pègre. En effet, le mafieux Thalian souhaite se servir des codes de désammorçage qui se trouvent dans l’attaché-case comme monnaie d’échange : si on le laisse faire ses affaires sans tracasseries, il désamorcera les bombes. Le marché est soumis au chef de la police et à son supérieur, qui est appelé «préfet»  dans l’adaptation française et dont j’ignore le véritable titre (juge ?). Malgré un sursaut de révolte du chef de la police, le «préfet» accepte le marché en devenant lui-même complètement corrompu — on ne le verra plus dans le film autrement qu’en train de prendre son bain avec quatre ou cinq créatures dénudées fournies par le parrain Thalian.
La pègre règne alors sur la ville, en toute impunité, mais commence à rencontrer un problème de taille : puisque tout est permis dans le registre criminel et que la police n’est plus un problème pour eux, les voyous commencent à se craindre les uns les autres. Les voleurs volent les voleurs et les assassins assassinent les assassins. Thalian demande sans succès au préfet d’intervenir pour que la police protège ses affaires.

robo_chic_4

De son côté, Robo C.H.I.C. intervient, terrorisant les cambrioleurs et redonnant l’espoir à la population par son exemple courageux. Elle finit par se rendre chez Thalian, qui passe toute sa vie à l’intérieur de son appartement où de jeunes femmes plus ou moins captives l’entourent de caresses voluptueuses. Il envisage bien la gynoïde parmi ses employées/maîtresses mais celle-ci démolit l’appartement et casse la figure de son propriétaire.
Piégée par le Dr Bourgeus, un savant fou concurrent jaloux de Von Colon, Robo C.H.I.C. est électrocutée et mise hors-service, tandis qu’il semble impossible d’empêcher les dernières bombes atomiques d’exploser en même temps.
Revenue à elle et parvenue sur les lieux où se trouve la bombe qui va déclencher toutes les explosions, le robot finit par sauver in extremis l’humanité entière.
Pour conclure, le chef de la police fait un long discours à sa propre gloire, provoquant l’indignation puis le départ de tous ceux qui y assistent. Je suppose que la plupart des spectateurs du film en ont fait autant bien avant le générique de fin et même l’amateur de navets cinématographiques que je suis a plutôt souffert de la molesse du film dont chaque idée est volée et neutralisée par une réalisation sans relief. Rien à sauver ici, donc.



  1. Lire la critique du film par Naindien.com
  2. Tout cela me rappelle qu’il faudra un jour que j’écrive sur Galaxina, un film de 1980 dont le rôle-titre, un robot du 31e siècle, est interprété par Dorothy Stratten, playmate de l’année 1980, assassinée par son mari juste après la sortie du film.