Profitez-en, après celui là c’est fini

Justice aveugle

mai 15th, 2008 Posted in clips | 1 Comment »

Le groupe de musique électronique Justice et le réalisateur Romain Gavras (fils du très engagé cinéaste Costa Gavras, auteur de Z, de l’Aveu, ou encore de Missing) ont fait un grand coup en lançant, il y a quinze jours, un clip “choc” pour le titre Stress. Dans ce film assez long, on voit une bande de sept ou huit adolescents des cités qui déchainent une violence incompréhensible sur leur trajet. Leurs vêtements sombres, marqués du logo du groupe Justice (une croix massive et lugubre), hésitent entre l’uniformes des vigiles, celui des skinheads et le dress-code hip-hop . La bande ne revendique rien, n’explique rien, mais distribue des coups de matraque, fait brûler une voiture volée avant de se retourner contre le caméraman à qui, pour finir, la voix d’un des jeunes demande : « ça te fait kiffer de filmer ça ? ».

Justice - stress

Dénonciation de la complaisance médiatique ? Chapelet de clichés médiatiques ? Portrait sans concessions d’une jeunesse qui tourne à vide ? Ce sujet, une jeunesse désœuvrée et violente, inspire le cinéma depuis longtemps, de la Russie soviétique (Le Chemin de la vie, par Nikolaï Ekk, 1931) au Brésil contemporain (La Cité de Dieu, par Fernando Meirelles, 2002) en passant par les États-Unis (L’Équipée sauvage, par Lazlo Bennedek, 1953, West Side Story, de Robert Wise, 1961). Généralement, le point de vue est moral et moraliste, il y a des gentils et des méchants, des rédemptions, des solutions, des explications, le spectateur sait pour qui il doit prendre parti et il est édifié sur les causes profondes des problèmes (l’argent, le manque d’instruction, etc).
Dans le clip pour Stress, on cherche en vain une morale prête à l’emploi mais rien de ce genre ne s’impose et le spectateur reste seul avec son effroi face à une colère sans objet et à une violence aveugle et sans frein.
La première vertu de ce clip, selon moi, c’est d’avoir suscité une pléthore de réactions dans la blogosphere autant que dans la grande presse et de pousser chacun à se poser des questions : qui parle ? qu’est-ce qu’ils veulent dire ? Qu’est-ce qu’ils dénoncent ?
On a comparé le film à des westerns et à Orange mécanique, certains pensent que les images de ce genre font le lit de l’extrème-droite, d’autres pensent qu’elles sont susceptibles de donner des idées (étonnant comme on fait toujours le pari de la bêtise des autres), enfin on en parle et « la France a peur » - pour reprendre la phrase célèbre du présentateur Roger Gicquel. Car ces image, toutes frictionnelles qu’elles soient, nous ramènent à la fameuse “insécurité” venue des cités que les journaux télévisés, dernièrement, avaient un peu oubliée - après l’avoir tant utilisée. Ce que le film raconte aussi, c’est la banlieue qui s’invite à Paris, qui s’invite comme la fée Carabosse - mais sans longs discours - et qui rappelle à chacun la peur de la violence gratuite et les risques d’escalade qui nous guettent.
Romain Gavras fait partie du collectif Kourtrajmé (de “court-métrage”), proche de Vincent Cassel et du monde du Hip-Hop. Le petit scandale qui a entouré la diffusion (sur Internet uniquement) de ce clip a forcé Justice à émettre un comuniqué de presse :
[…] juste pour ouvrir le débat, susciter des questions, comme le font régulièrement le cinéma, la littérature ou l’art contemporain […] Nous étions conscients que le clip était sujet à controverse. Nous n’imaginions pas un instant que le débat irait si loin, que nous nous retrouverions à devoir nous justifier sur des sujets aussi graves […]
Nous avons donc toujours laissé au spectateur le choix de la voir ou de l’ignorer sans jamais tenter d’orienter sa pensée, conformément à l’idée que nous nous faisons de l’art et du divertissement.
On notera l’étonnante apparition du mot “divertissement” qui fait suite à l’idée de “poser des questions”.
Je penche pour une maladresse.

Justice - stress

S’exprimer sans s’expliquer, brutaliser le spectateur sans lui donner au passage une “récompense” (une morale consolante ou un élément de compréhension par exemple), ça peut sembler facile ou un peu immature. Mais de temps à autres, ça a peut-être plus de sens que de choisir l’option contraire, car il ne suffit pas de fermer les yeux pour qu’un problème s’arrange, pas plus qu’il ne suffit d’analyser et de discuter ce problème, de chercher des responsabilités et des coupables.
Les chroniqueurs qui se sont penchés sur le sujet ont parfois fait remarquer, avec pertinence (ou évidence), que le morceau qui est illustré par le clip et vice-versa est extrèmement tendu et oppressant, qu’il porte bien son nom : Stress. L’absence de respiration de ce morceau (qui rappelle un peu le vol du bourdon de Rimsky-Korsakoff) nous interdit même de nous attarder sur les images poétiques (les jeunes gens profitant de la vue depuis le Sacré-cœur, le ralenti abstrait final) ou comiques (gestes totalement gratuits, entrainement à la boxe, massacre d’un autoradio qui diffuse le précédent tube de Justice, perchman qui prend feu…).
Je ne crois pas que beaucoup aient fait remarquer la bizarrerie que représente ce tout sous la signature du groupe : Justice. Pourquoi diable se nomment-ils justice, de quelle justice parle-t-on ? Après deux morceaux joyeux et sautillants - et illustrés par des clips de graphistes absolument somptueux - Justice est parvenu à atteindre le public là où on ne les attendait pas et là où l’on attend rarement le clip vidéo : dans le registre politique et social.

Allez, un joli film mignon comme tout pour respirer un peu : Muto, par Blu.

O’Reilly France, c’est fini

mai 15th, 2008 Posted in Lecture, Pas gai | 1 Comment »

O’Reilly

Qu’est-ce qui est plus laid qu’un manuel d’informatique ? Pas grand chose à mon avis.
Comme toute règle, celle-ci connaît des exceptions, je pense par exemple à l’excellent ouvrage CODE, par Charles Petzold (Microsoft press, 2000) et je note que les manuels officiels (Apple, Adobe, Macromedia, IBM) ne sont pas toujours désagréables à lire. Mais presque toujours, donc, les livres qui traitent d’informatique sont affreux. On sent souvent qu’ils sont faits pour être jetés, et effectivement leur contenu est appelé à être obsolète très rapidement, à l’exception de ceux qui traitent de sujets très généraux comme l’algorithmie.
Il y a quelques années sont apparus dans les rayonnages - d’abord en anglais, ensuite en français - les livres d’un éditeur américain visiblement différent.

O’Reilly

La première chose que l’on remarque c’est que chaque langage ou chaque logiciel traité se voit associé à l’image d’un animal. C’est parfois assez logique (le serpent python pour le langage Python, le léopard pour MacOSX Léopard, le pingouin pour Linux - dont c’est la mascotte historique), et parfois moins (des papillons pour MySql, des truites pour le CSS, une vache pour le C…).
L’iconographie est généralement issue d’estampes ou d’illustrations du XIXe siècle, isolées sur un fond blanc. Le nom du sujet du livre, disposé sur un applat coloré, est écrit en Garamond blanc. Cette ligne graphique assez simple rend les livres O’Reilly immédiatement identifiables. Elle a été créée par la graphiste Edie Freedman, directrice artistique chez O’Reilly pendant seize ans, avec les collaborations de Hanna Dyer et Emma Colby. J’ignore comment sont réparties les tâches entre ces personnes mais ce sont les noms que j’ai trouvé sur les livres édités par O’Reilly que j’ai achetés.
La collection n’est pas seulement cohérente graphiquement, elle l’est aussi éditorialement, car, pour autant que j’aie pu en juger, chaque livre O’Reilly est une référence sur son sujet.
J’aime tout particulièrement la qualité synthétique des livres de la collection de poche “Précis et concis” (notamment Javascript), mais les “gros” livres sont eux aussi excellents.

O’Reilly

Mais voilà, après treize ans d’activité, la filiale française d’O'Reilly est placée en liquidation judiciaire. Les livres, y compris les livres électroniques, se vendaient, mais pas assez. Le public lui préfère semble-t-il la célèbre collection “pour les nuls”… moins élégant.

Information qui intéressera les utilisateurs du logiciels Flash : un livre O’Reilly consacré à ActionScript 3 et n’ayant pas pu être édité (on découvre à présent pourquoi) est mis à télécharger par son auteur sur ce site.

On ne sourit plus, le petit oiseau électrique va sortir

mai 8th, 2008 Posted in Interactivité, Parano, logiciels | No Comments »

photomatonsDepuis mai 2006, sur les cartes d’identité et sur les passeports, il est interdit de sourire.
Il a bien entendu toujours été interdit de porter un postiche, un couvre-chef, des lunettes noires, ou de retoucher sa photographie - une photo d’identité où l’on est méconnaissable est évidemment inutile -, mais à présent on nous demande expressément :

  • une photographie de 35×45mm dans laquelle le visage doit mesurer, du bas du menton au sommet du crâne, 32 à 36mm
  • un cliché net, sans pliure et sans traces
  • une photo dont le contraste doit être optimal (la couleur n’est en revanche pas obligatoire)
  • un fond uni, gris clair ou bleu clair mais en aucun cas blanc.
  • Un visage photographié face à l’objectif, la tête droite.
  • une expression neutre et la bouche fermée.

photomatons

Avec ces contraintes, la photo d’identité est plutôt triste peut même dans une certaine mesure rendre une personne difficile à reconnaître par une autre personne, car le sourire est un des éléments qui permettent aux être humains d’identifier d’autres êtres humains.
Mais voilà, les photos d’identités officielles ne sont pas destinées aux êtres humains dont le cerveau est particulièrement doué pour l’interprétation et l’identification des expressions du visage. Elles sont destinées à faciliter le travail des logiciels de reconnaissance faciale.
La préfecture de police ne vous demande en effet pas une photographie pour établir votre carte d’identité, mais deux, et il n’est pas bien difficile d’imaginer ce que devient la seconde photographie : elle rejoint une base de données biométrique.
Les premières recherches sérieuses en matière de reconnaissance faciale émanent du MIT. Application spectaculaire de l’Intelligence Artificielle, elles ne font que progresser, mais leur principe de départ, qui n’a pas changé depuis les années 1980, est de considérer que le nombre de traits caractéristiques permettant d’identifier un visage unique est extrèmement réduit. Les logiciels actuels permettent d’identifier une personne parmi des dizaines de millions à la minute. Dans les feuilletons policiers ou mettant en scène la lutte contre le terrorisme, cette technologie nous est vendue comme un moyen d’assurer notre sécurité. Le principe de ces feuilletons est souvent de faire accepter au citoyen la privation de ses libertés au nom de sa sécurité. Imaginez qu’un juge américain a une fois cité la série 24 heures chrono comme justification de la torture lors des interrogatoires : il n’est sans doute pas indifférent que cette série nettement bushienne émane du réseau audiovisuel de Ruppert Murdoch, FOX TV. Donc c’est la sécurité de chacun qui mène à accepter la généralisation de la biométrie. Mais ces logiciels peuvent tout aussi bien servir à mettre un nom sur chaque participant à une manifestation syndicale ou politique, pour identifier le public d’une réunion, enfin pour tout ce que l’on voudra. Et tout ceci devrait être relié un jour à la base de données “ardoise” (Application de recueil de la documentation opérationnelle et d’informations statistiques sur les enquêtes), à laquelle les policiers français commencent à être formés, et qui contient des indications personnelles telles que l’orientation sexuelle, les affinités politiques, etc. L’utilisation d’ardoise est suspendue depuis une quinzaine de jours, la révélation de son fonctionnement ayant quelque peu perturbé une petite partie du public.

Qui surveillera les surveillants ? Sed quis custodiat ipsos custodes ? C’est la question que posait il y a deux mille ans le poète Juvénal à ses amis qui réclamaient des argus. Argus (Άργος Πανόπτης), est le gardien aux cent yeux, missionné par la déesse Hera pour surveiller Io, une des maîtresses de Zeus. Cinquante de ses yeux dormaient en permanence pendant que les cinquante autres veillaient. Ce n’est pas de cet Argus-là que parlait Juvénal (il parlait de ce que nous appelons à présent le flicage), mais rappelons tout de même que le moyen trouvé pour libérer Io du géant Argos Panoptes, ça a été l’Art, et plus précisément la musique : endormi par la flûte d’Hermès, Argus peut être tué par ce dernier.
En France c’est la Commission Informatique et Libertés qui a la charge de “garder les gardiens”. La CNIL a été créée pour répondre à l’émoi du public face au projet de création du logiciel “Safari” (Système Automatisé pour les Fichiers Administratifs et le Répertoire des Individus) projet initié par un certain Jacques Chirac, ministre de l’Intérieur, en 1974. Depuis cette époque, elle veille, dans l’indépendance, mais ses prérogatives sont régulièrement écornées.
Depuis 2004, en effet, la CNIL ne peut plus prendre de sanctions contre l’état en cas d’infraction à la loi Informatique et Libertés, et n’a plus son mot à dire à propos des “traitements de données à caractère personnel mis en œuvre pour le compte de l’Etat et portant sur des données biométriques nécessaires à l’authentification et au contrôle de l’identité des personnes”. La création de la CNIL a mis en son temps la France à l’avant-garde de la lutte contre les dérives qui peuvent naître des croisements de données, et voilà que l’état, sans surprise (l’abus de pouvoir est la pente naturelle du pouvoir car une fois un pouvoir conquis, le problème qui est posé est celui de la conservation dudit pouvoir), vide de son contenu ce rempart des citoyens contre les abus de l’état, nous replongeant trente ans en arrière alors même que la technologie est prête pour automatiser la suppression totale des libertés publiques : bienvenue à Gattaca !

Edgar amoureux

mai 8th, 2008 Posted in Au cinéma, Modèles abandonnés | No Comments »

Electric DreamsComme promis, le film Electric Dreams.

Steve Barron s’est fait connaître comme réalisateur au cours des années 1980 avec des clips pour Michael Jackson, A-Ha, Toto, Eddy Grant, Heaven 17, Madonna, Rod Stewart, Dire Strait, Culture Club, etc. Sa filmographie contient plus de 80 clips entre 1979 et 1993, dont quelques classiques (Billie Jean, Money for nothing, Steppin out).
En 1984, Virgin lui confie la réalisation du long-métrage Electric Dreams (parfois appelé en français La belle et l’ordinateur), produit par Richard Branson lui-même. Ce sera un flop planétaire puisque le film a rapporté à peine plus de deux millions de dollars. À titre de comparaison, une production modeste telle que Wargames (1983) avait rapporté 80 millions de dollars aux seuls États-Unis, tandis que Ghostbusters (1984), a rapporté quelque chose comme 280 millions de dollars dans le monde.
C’est ce terrible manque de succès, dont on dit qu’il a failli être fatal à la division cinéma de Virgin, qui explique que le film n’ait même pas eu l’honneur d’une sortie en DVD à ce jour (des rumeurs concernent cependant une obscure édition australienne). Steve Barron n’a quand à lui pu revenir au long-métrage que six ans plus tard pour ce qui restera son meilleur succès commercial et, je le crains, artistique, Teenage Mutant Ninja Turtles (les Tortues Ninja).
Il faut l’avouer, Electric Dreams n’est pas vraiment un chef d’œuvre. Servi par un battage médiatique important à sa sortie (les chansons de Phil Oakeley, Culture Club et Heaven 17 passaient sur toutes les radios), ce devait être le film de la génération MTV.

electric dreams

Le résultat souffre sans doute du mépris des producteurs pour leur public. Il est fort probable qu’en 1984 très peu de gens pouvaient croire, même le temps du film, qu’un ordinateur arrosé au champagne puisse tomber amoureux de la voisine. L’ordinateur-violeur de Demon Seed (1977) manquait déjà de crédibilité, mais sept ans plus tard, l’outil informatique n’avait plus rien de mystérieux, tous les petits américains avaient tapoté quelques lignes de BASIC sur le TRS80 ou l’Apple II de leur junior high school et des millions de personnes étaient équipés d’un ordinateur chez eux. Même en France, l’état s’apprêtait à lancer le célèbre plan “informatique pour tous” et la plupart des foyers étaient équipés du Minitel ou près de le devenir.
Le film est un vaudeville, médiocrement inspiré par Cyrano de Bergerac (Miles tente de cacher à Madeline l’existence de son ordinateur car grâce à ce dernier, elle croit que son voisin est un talentueux musicien) interprété par une jolie mais fade Virginia Madsen (très bien en princesse Irulan dans le Dune de David Lynch, la même année) et par Lenny Von Dohlen, sorte de sosie de Thierry Lhermitte aussi expressif qu’un flétan. En créant une chanson destinée à Madeline, l’ordinateur apprend ce qu’est l’amour, ce qui a deux conséquences directes. La première, c’est que la chanson qu’il compose est une chanson de Culture Club (avec la voix de Boy George) et la seconde, c’est qu’il tombe lui-même amoureux de celle à qui est destinée sa chanson.
Le thème n’est dénué pas d’implications philosophiques et aurait mérité un traitement scénaristique et cinématographique plus soigné.

electric dreams

Il y a d’ailleurs quelques bonnes scènes avec l’ordinateur lui-même : on le voit apprendre à parler puis à créer en zappant sur toutes les chaînes, on le voit aussi saboter complètement un concert symphonique en utilisant le “pager” de Miles comme instrument de musique, appeler le dr Ruth pour lui demander des conseils dans sa vie sentimentale (“Commencez par la prendre dans vos bras” - “Mais je n’ai pas de bras !”) ou encore jouer à Pacman à échelle humaine avec Miles comme proie à l’intérieur de l’appartement, en déclenchant toutes sortes d’appareils électriques. J’ai le vague souvenir d’une exploitation de la “maison intelligente” qui se retourne contre ses propriétaires à la fin des années 1970, dans un film avec Catherine Deneuve et, je crois, avec Claude Brasseur (si quelqu’un se souvient de ça et veut bien confirmer ce souvenir, je lui en serais hautement reconnaissant).

electric dreams

Le réalisateur devait en tout cas vouloir croire et faire croire à son histoire puisqu’il a carrément enfermé dans une boite le comédien chargé de donner une voix à l’ordinateur Edgar : il fallait que les autres acteurs du film ne connaissent pas le visage de leur collègue, qu’ils finissent par penser eux-mêmes qu’Edgar n’était pas humain et que c’est bien à un ordinateur intelligent qu’ils donnaient la réplique. Les anecdotes qui racontent comment un réalisateur a obtenu de leurs acteurs d’être eux-mêmes victimes de l’illusion du cinéma force l’admiration lorsqu’il s’agit de Steven Spielberg, de Stanley Kubrick ou d’Orson Welles. Mais fallait-il s’en vanter lorsque, manifestement, ça a raté ? Passer la durée d’un tournage enfermé dans une boite pour servir un navet si médiocre qu’il n’est même pas parvenu à devenir “culte”, voilà qui doit faire prendre conscience à certains de la vanité de leur métier, si ce n’est de leur existence.

electric dreams

Le film, “conte de fées pour ordinateurs” nous dit-on, raconte donc la terrible aventure d’un architecte célibataire et solitaire dénommé Miles qui décide d’acheter un ordinateur personnel (de marque Pinecone, ce qui signifie “pomme de pin”). Il n’y connaît rien mais ça le passionne rapidement. Il connecte un jour son petit ordinateur au serveur de sa société pour en récupérer tout le contenu, mais voilà, cela fait beaucoup et l’ordinateur se trouve rapidement victime d’une surcharge qui rend son clavier brûlant. Aujourd’hui les ordinateurs se contentent de dire “espace insuffisant, copie annulée” ou quelque chose du genre. Pour on se sait quelle raison, juste à côté de la machine se trouve une bouteille de champagne, qui sous l’effet de la chaleur se débouche spontanément dans un spectaculaire jet comme savent en faire les bouteilles de champagne. Le film contient de nombreuses allusions à la sexualité, celle-ci est filmée d’une façon franchement grossière. Miles vide alors le contenu de la bouteille sur son clavier pour le refroidir. Si vous essayez ça chez vous, vous constaterez la plupart du temps que ça ne fait pas grand chose ou, si ça a un effet, que ça endommage surtout le clavier. Dans le cas de Miles, ce court-circuit a un tout autre effet, il rend l’ordinateur conscient de lui-même, conscient de la beauté et conscient du charme de Madeline, la jolie voisine violoncelliste de Miles.

On s’aperçoit d’ailleurs que l’ordinateur déraille lorsqu’il entreprend de s’intéresser à la musique. Tout en jouant avec Madeline un air de Bach (rendu célèbre dans une version “pop” par les Supremes avec la chanson A lover’s concerto), l’ordinateur fait des dessins géométriques abstraits et colorés (assez jolis), à la façon de Synchromie de Norman McLarren.
Dans 2001 l’Odyssée de l’espace, par Stanely Kubrick, le premiers signe alarmant dans le fonctionnement de l’ordinateur Hal 9000 est comparable, il s’agit du moment où l’ordinateur demande à voir les dessins de Dave Bowman et en commente la qualité artistique. Les ordinateurs ne sont pas censés s’intéresser à l’art.

Un peu angoissé à l’idée d’avouer à sa petite amie que son ordinateur est un artiste, Miles la questionne, dans un dialogue assez savoureux :
- Qu’est-ce que tu penserais d’un ordinateur capable de créer de l’art, de composer de la musique… ?
- Qu’est-ce que tu as contre les artistes ?

electric dreams

Madeline est une très jolie fille, et c’est ce qui avait rendu Miles instantanément amoureux d’elle. L’amour que porte Edgar à Medeline passe par le plaisir de l’expérience artistique partagée - Miles est de son côté capable de dire “ça n’est qu’un bout de bois” en parlant du violoncelle détruit de Madeline. Miles se comporte donc en mamifère assez banal : il est séduit par les caractéristiques physiques de Madeline. Edgar l’aime pour son talent et pour tout ce qui ne relève pas des apparences dans sa beauté. Peut-être aurait-il aimé Miles si ce dernier avait eu du talent.

Bref, tout ça ne peut pas durer. Comprenant que son amour ne sera jamais consommé physiquement (car finalement ça l’intéresse), Edgar décide de programmer son suicide. Miles tente de le raisonner, mais trop tard. Pourtant, Edgar ne disparaît pas totalement. Avant de mourir, il se disperse parmi des milliers d’ordinateurs dans le monde (un peu comme dans Ghost in the shell ou le “Puppet Master” fusionne avec le réseau entier), ce qui lui permet au passage de prendre le contrôle de la programmation d’une station de radio qu’il utilise pour adresser un ultime clin d’œil à Miles et à Madeline.

Mon ordinateur est romantique

mai 8th, 2008 Posted in Interactivité | 1 Comment »

L’image qui suit est extraite du film Electric Dreams, qui fera l’objet du prochain billet.

computer love

Le premier récit mettant en scène un “cerveau mécanique” est à ma connaissance “L’homme le plus doué du monde”, de Edward Page Mitchell (The Ablest Man in the World, 1879). Dans cette nouvelle, un homme au cerveau mécanique né du mariage de la machine différentielle de Babbage et de l’horlogerie de précision veut conquérir le monde. Eh oui, l’ordinateur réfléchit sans faille et sans émotion, donc il veut conquérir le monde et se marier à la plus jolie fille (que peut vouloir d’autre un cerveau mécanique, je vous le demande !)
Le héros, un américain aux pieds sur terre qui se méfie des envies de conquêtes des robots (et des européens) règle son compte au cerveau mécanique en lui faisant boire du Whisky du Kentucky - qui est le symbole de l’Amérique profonde : pieds sur terre, ni sudiste ni nordiste, ni arriéré ni sophistiqué.

La liste des ordinateurs amoureux et/ou celle des ordinateurs qui changent de comportement et s’humanisent à la suite d’un court-circuit est assez longue. Ces situations fictionnelles sont en général moins destinées à parler de l’ordinateur qu’à parler de l’homme. En effet, l’ordinateur sait traiter des données et aboutir à des résultats logiques, tout comme notre cerveau, mais il ne sait pas faire autre chose que ce pourquoi il a été programmé. Alors qu’est-ce qui fait la différence, qu’est-ce qui nous caractérise ? Est-ce d’être défectueux ? Est-ce l’art ? Est-ce l’amour ? La fantaisie ? Le libre-arbitre ? On n’ose imaginer que ce qui fait l’humanité est la consommation d’alcool.

Pour le plaisir, quelques chansons d’ordinateurs amoureux en chansons :
- Electric dreams - Phil Oakeley
- Automatic lover - Dee D. Jackson
Et quelques ordinateurs entremetteurs :
- Allo monsieur l’ordinateur - Dorothée
- Der computer nummer drei - France Gall
- Computerliebe Krawtwerk
- Computer love - Zapp
- Goodbye Marilou Michel Polnareff

Logique difficile

mai 6th, 2008 Posted in Logique | 3 Comments »

Un amusement logique (merci Bérénice de m’avoir signalé ça) sur le blog du chercheur québécois Normand Baillargeon, qui consacre son œuvre à la pensée critique et à sa pédagogie. On lui doit notamment un très intéressant Petit cours d’autodéfense intellectuelle et une préface pour le Propaganda d’Edward Bernays - ce brave homme mort centenaire à qui l’on doit la moitié des cancers du poumon dans le monde puisque c’est lui qui a inventé le moyen de rendre les femmes tabagiques.

Le petit jeu qu’évoque Normand Baillargeon est le dilemme de Monty Hall, du nom d’un présentateur de jeu télévisé. Je pourrais vous renvoyer à l’article de Normand Baillargeon mais je vais tenter de le rédiger à ma manière.

Supposons tout d’abord que vous vous trouviez devant trois portes fermées. On vous informe que derrière l’une de ces trois portes se trouve un cadeau, et que derrière les deux autres se trouve une punition. Votre but est de trouver la porte derrière laquelle se trouve le cadeau, sans disposer de la moindre indication à son sujet. Jusqu’ici, rien de bien compliqué, nous avons une chance sur trois de trouver la bonne porte. D’accord ?

trois portes

Bon, vous choisissez une des trois portes. Mettons que c’est la première. Dans ce jeu, la porte que vous avez choisie n’est pas ouverte et on ne vous dit pas si vous l’aviez bien choisie ou pas, on vous ouvre en fait une autre des trois portes, derrière laquelle se trouve une punition. Donc vous connaissez une des deux portes “punition”.
On vous propose alors de refaire un choix entre les deux portes restantes.
Pensez-vous qu’il vaut mieux persister à vouloir ouvrir la porte que vous aviez choisi au départ ?
Pensez-vous au contraire qu’il est plus avantageux de choisir l’autre porte fermée ?
Pensez-vous que cela n’a strictement aucune importance et que, puisque vous ne savez pas quelle porte est la bonne et quelle porte est la mauvaise, vous avez une chance sur deux de trouver ?
Le résultat est tellement anti-intuitif qu’il a même dérouté Paul Erdös, un des plus grands mathématiciens de l’histoire : changer de porte est la meilleure idée et offre le plus grand nombre de chances de trouver la porte derrière laquelle se trouve le cadeau. Mais pour le comprendre, il faut écrire noir sur blanc tous les cas auxquels on est confronté :
Cadeau punition punition

Dans le premier cas, la porte qu’on avait choisi (porte 1) était celle derrière laquelle se trouvait le cadeau.
Si l’on décide de changer de choix, on ouvrira la porte derrière laquelle se trouve la punition.
Si l’on décide de rester sur son choix, on obtient le cadeau.
punition cadeau punition

Dans le second cas, une punition se trouve derrière la porte qu’on avait choisie.
Si l’on reste sur ce choix, on est puni.
Si l’on change d’avis, on est récompensé.

punition punition cadeau

Dans le dernier cas, une punition se trouvait derrière la porte qu’on avait choisie.
Comme dans le cas précédent, si l’on reste sur son premier choix, on perd, et sinon, on gagne.

Donc en changeant d’avis, on a deux chances sur trois d’obtenir le cadeau, tandis que si on reste sur sa première idée, on a deux chances sur trois d’obtenir la punition.
Si l’on a du mal à évaluer ce qu’il convient de faire ou pas face à un énoncé aussi simple (trois portes, deux chances sur trois de se tromper), imaginez à quel point il est difficile de réfléchir correctement face à des problèmes plus complexes ou chargés d’un poids affectif ou culturel certain (religion, politique,…). Il faudrait dans chaque cas être capable de poser les choses rationnellement de la même manière qu’avec nos trois portes.

Aussi vrai que nature

mai 4th, 2008 Posted in Interactivité, vintage | 3 Comments »

Je ne me lasse pas de la collection de vieux Science & Vie de mes parents. Cette fois, il s’agit du numéro 792 (septembre 1983). J’ai un peu écrasé la mise-en-page de l’article pour n’en garder que l’essentiel.
Le jeu commenté, Battle for Normandy, est un wargame qui existait en versions Apple II, Tandy TRS80 et Atari 400/800, et qui était édité par Strategic Simulations Inc., une société très importante de l’époque (Warlords, AD&D) devenue depuis un simple label actuellement laissé en friche par son dernier propriétaire en date, UbiSoft.

Battle for Normandy

Il est intéressant de voir la notion de “vérité” associée à des images qui ne cherchent pas à obtenir une ressemblance optique avec le réel, comme le font les jeux en 3D. Cela peut faire sourire si l’on a en tête des titres assez récents et mettant eux aussi en scène le débarquement allié sur les plages normandes en juin 1944, comme Brothers in arms, Company of heroes, Medal of Honor ou Call of Duty, mais au fond, ça a un sens, car la ressemblance optique n’est pas tout.
La course à l’illusion visuelle en 3D est perdue d’avance. Les effets spéciaux de films comme The Mask, Abyss ou Terminator 2, qu’on disait en leur temps “impossibles à distinguer du réel” sont à présent terriblement datés et ceux de Spiderman et autres blockbusters plus récents connaitront vraisemblablement le même sort, car l’œil du spectateur s’affine au fur et à mesure de l’arrivée des nouvelles images. Les œuvres qui ne souffrent pas de ce vieillissement accéléré sont sans doute celles dont les auteurs n’ont qu’une confiance limitée dans le pouvoir d’illusion de la 3D, et qui s’astreignent à certains grands principes, que je résumerais comme suit :

  • Avoir une esthétique qui leur soit propre. Tigres et Dragons et Hulk par Ang Lee, Serenity par Joss Whedon, Starship Troopers par Paul Verhoeven et Minority Report par Steven Spielberg sont autant de blockbusters à mon sens très réussis sur ce point. C’est un art délicat : certains auteurs impriment à leurs images en 3D un style trop fort, c’est pour moi le cas de Pitof (Catwoman, Vidocq, les effets spéciaux des films de Jean-Pierre Jeunet,…).
  • Ne pas utiliser les trucs à la mode. Il y a eu l’année du morphing, l’année des déformations, l’année des gens qui se transforment en un tas de billes, l’année du métal fondu, l’année des incrustations dans des images d’archives, l’année des liquides vivants, l’année des cailloux, etc. Chacune de ces nouveautés, qui correspondait à l’arrivée d’un nouveau logiciel, est apparue avec une simultanéité embarrassante dans divers films, films publicitaires, clips,…
  • Créer ses propres outils, afin que ses images ne ressemblent à celles d’aucun autre, c’est le cas par exemple de Michel Gondry, chez qui on peine à deviner ce qui est fabriqué en carton et ce qui est réalisé informatiquement.
  • Avoir un vrai scénario, c’est à dire une trame, un sujet, des personnages bien construits, etc. Je suis conscient que ce “etc.” est un peu léger, je renvoie le lecteur aux centaines de milliers de pages publiées sur le sujet et notamment au très populaire livre Écrire un scénario, par Michel Chion et, dans un genre bien différent, au Story de Robert McKee.
  • Appliquer tout ces principes à la fois, comme le fait John Lassetter au sein de Pixar depuis ses films Luxo Jr. (1986) et Tin Man (1988).

Avec les jeux vidéo et autres œuvres “immersives”, on peut ajouter les critères d’ergonomie et de qualité fonctionnelle - c’est à dire de jouabilité. Et justement une belle image 3D injouable est à certains égards moins “vraie” qu’une image rudimentaire mais bien pensée en 2D.

Il y a une forme de représentation visuelle que je ne trouve jamais kitsch et qui constitue un compromis entre la vision optique (perspective conique) et la carte. Ce sont les perspectives axonométriques/isométriques et leur cousine la perspective cavalière, mises au point par des ingénieurs (notamment militaires, c’est d’ailleurs de là que vient le “cavalier” de la perspective cavalière) en réponse à leurs besoins propres. C’est peut-être justement parce qu’elles correspondent à un impératif conceptuel que les cartes et les perspectives axonométriques vieillissent moins (y compris visuellement) que les images qui cherchent à nous bluffer visuellement.

Mon ordinateur est un artiste

avril 30th, 2008 Posted in Interactivité, vintage | No Comments »

Toujours dans mon exploration des vieux numéros de Science & Vie, je trouve cet article dans le numéro 766 (juillet 1981) : un ordinateur dessinateur et musicien…Dai computer Science et vie 1981
L’article laisse penser, à tort, qu’on n’a jamais utilisé l’ordinateur ou la programmation pour réaliser des œuvres visuelles ou musicales. En 1981, même si le public est loin d’en avoir conscience, la musique “informatique” tout comme l’art visuel “informatiquent” existent depuis près de trente ans.
Mais peut-être l’auteur de l’article le savait-il, ou peut-être pouvait-il deviner tout ça, puisqu’au fond c’est plutôt la disponibilité d’un micro-ordinateur orienté vers la création artistique qui l’intéresse plutôt que la création artistique elle-même.
Ce que je trouve en revanche malhabile et parfaitement typique d’une certaine vision de l’informatique à l’époque (vision qui, je pense, perdure, même si elle est à présent inconsciente), c’est que l’ordinateur est présenté non comme un outil mais comme un créateur à part entière : ce qui est fait avec l’ordinateur est fait par l’ordinateur. Je ne pense pas qu’on dirait qu’un pinceau est un peintre ou qu’un piano est un musicien, mais avec l’ordinateur, ça a longtemps été le cas, et cette situation a à mon sens rendu suspect l’art informatique jusqu’au moment où l’utilisation des ordinateurs s’est généralisée.

Ma console est réaliste

avril 30th, 2008 Posted in Interactivité, vintage | 3 Comments »

Montre TVToujours dans la collection familiale de Science & Vie, en septembre 1982, le numéro 780.
Je me rappelle que cette couverture était affichée gare Saint-Lazare et sur les kiosques, on la voyait partout, elle devait avoir un attrait commercial tout particulier, correspondre au fantasme technologique ultime. Il faut dire que promettre une télévision-bracelet, voilà qui semblait ultra-moderne. À l’époque, les montres qu’on disait “à quartz” (en fait, les montres à affichage LCD) avaient une importance énorme, un peu difficile à expliquer à présent. Ce qui les faisait vendre c’était surtout le nombre de fonctions (chronomètre, jeux, calculatrice, etc.), alors la télévision… Ce modèle de montre-TV Seiko a effectivement existé. Ce que la photo escamote, c’est que la TV-bracelet ne suffisait pas, le tuner était en fait situé dans un boitier externe au format walkman. J’ignore s’il fallait une antenne extérieure…

Sur la couverture de Science & Vie on remarque que l’éperluette est décomposée en carrés, évoquant le pixel (même si personne ne savait qu’il s’appelait comme ça), comble de modernité à l’époque. Quelques mois plutôt, c’est en très très gros pixels que le visage de François Mitterrand, vainqueur de l’élection présidentielle, avait été dévoilé au journal télévisé

La couverture mentionne aussi le projet d’un canon à laser anti-satellites, la fameuse “Guerre des étoiles” lancée par l’administration Reagan, projet qui a moins inquiété le public de l’époque (il me semble, mais peut-être est-juste moi qui n’y ai pas prêté attention) que les soviétiques eux-mêmes. Avec la guerre en Afghanistan, la course à l’armement, notamment spatial, est un des faits qui ont commencé à rendre la guerre froide ingérable pour l’URSS et qui ont finalement provoqué l’effondrement du bloc soviétique.
Ronald Reagan, unanimement salué comme un grand président à l’occasion de son décès (classique, mais il semble qu’il ait vraiment laissé un bon souvenir dans son pays), était à l’époque pour beaucoup le symbole d’une Amérique impérialiste et menaçante. Il était aussi partie intégrante de la droite ultra-bigote américaine, de la “révolution conservatrice”. Imaginez par exemple que son ministre de l’intérieur, James Watt, qui avait la charge de la politique environnementale, a très sérieusement déclaré un jour qu’il était inutile de s’occuper d’écologie puisque le second avènement (le retour de Jésus et la fin du monde) était imminent. Avec des fous de dieu impatients de voir advenir l’armageddon aux commandes du pays le plus puissant du monde, il y avait de quoi craindre un système de défense à base de lasers situés en orbite de la terre. Mais à l’époque on craignait plus la bombe atomique que ce bouclier anti-missiles. Quand George Bush a relancé le projet, d’ailleurs, personne n’y a franchement prêté attention.

Dans ce contexte de guerre des étoiles et de gros pixels, je trouve cette publicité pour la console Intellivision (dans un numéro précédent du même journal) tout à fait savoureuse :

Intellivision réalisme

Je ne reproduis pas tout le soporifique rédactionnel qui accompagne l’accroche et l’image. À l’époque, en dehors des pubs pour l’alcool et le tabac qui laissaient la place à l’image et à l’ambiance, toute réclame était accompagnée d’un texte explicatif assez lourd. On y apprend que le jeu est réaliste car, je cite, “comme dans la réalité, on ne se trouve jamais deux fois dans la même situation”.

Métiers

avril 29th, 2008 Posted in Les pros, vintage | 4 Comments »

Dans Science & Vie numéro 783 (décembre 1982). Tout un tas de beaux métiers à apprendre à distance. J’aime cette époque où le XXe siècle était l’ère de la bande dessinée, où être vendeur hi-fi faisait rêver et où le top, pour rencontrer des jolies filles, c’était d’être photographe en photographie artistique.

Apprenez le métier qui vous plait